Reporters Sans Frontières - Mafias Prédateurs

L'Italie, c'est le pays où il fait bon manger de la mozzarella et où il ne fait pas bon être journaliste d'investigation... L'Italie est sur la liste des prédateurs de Reporters Sans Frontières, qui fête ses 25 ans...

25 ans de reporters sans frontières

La liberté de la presse en Italie...

Italie - Organisations Criminelles Mafieuses

"Les commerçants, les entrepreneurs et les magistrats italiens ne sont pas les seules victimes des organisations mafieuses telles que Cosa Nostra, la Camorra, la ’Ndrangheta, et la Sacra Corona Unita.

Les journalistes et les écrivains italiens sont, eux aussi, dans leur ligne de mire, dès qu’ils exposent au public leurs agissements. Roberto Saviano, auteur du livre "Gomorra", est contraint de vivre sous protection policière permanente. Au total, une dizaine de journalistes travaillent sous protection policière. Les menaces, les lettres anonymes, les pneus crevés, les voitures incendiées se comptent par centaines.

Tous les journalistes écrivant sur les groupes mafieux ont été à un moment ou un autre surveillés. Lirio Abbate, 38 ans, correspondant à Palerme (Sicile), de l’agence de presse Ansa, et auteur du livre "Les Complices" (I Complici) vit lui aussi sous protection policière permanente.

C’est le cas, également, depuis mars 2008, de Rosaria Capacchione. Depuis plus de vingt ans, cette journaliste de 48 ans, qui travaille pour Il Mattino (principal quotidien de Naples) couvre et dénonce les crimes de la Camorra et, à l’instar de Roberto Saviano, est recherchée par le clan des Casalesi.

Et leur travail, avec tous les risques qui l’accompagnent, est loin de recevoir le soutien du chef de l’Etat. En novembre 2009, Silvio Berlusconi menaçait d’ "étrangler" les auteurs de films et de livres sur la mafia, qui selon lui donnent une mauvaise image de l’Italie." Reporters Sans Frontières - Les Prédateurs

Commentaires

Ce qui préoccupe Berlusconi, c'est la mauvaise image donnée par les journalistes à l'Italie ? L'image est plus important que le fait mafieux ? Les journalistes sont plus coupables de donner une mauvaise image que les mafieux de saigner le pays ?

C'est assez amusant comme idée... jusqu'à un certain point. Le journalisme d'investigation est le sel de la presse, sa valeur ajoutée cardinale. Vous me voyez enquêter à Palerme ? Naples ? Qui va le faire ? Qui va dire et écrire ce qui s'y passe ? Berlusconi ?

Il est vrai que les arrestations - il y a quelques jours encore - se multiplient. Des biens sont saisis. Suffisent-elles à rendre les organisations mafieuses italiennes moins puissantes ? Non !

Si Berlusconi souhaite redonner une meilleure image de l'Italie, il pourrait commencer par aller à Hollywood. Combien de films sur les mafias ? Ce ne sont pas les journalistes qui inventent les mafias, c'est l'histoire de l'Italie. Hollywood a fait des millionnaires de ceux qui ont joué de l'image de la mafia.

Le fait mafieux attire, repousse, inquiète, effraie. Berlusconi n'y peut rien. Les journalistes enquêtent, au risque de leur vie. Les films, c'est bien. La réalité est froide et sans pitié. Quel courage... c'est admirable. Les journalistes donnent leur vie, leur sang parfois.

Laissez travailler les journalistes. Laissez la démocratie en paix.

Débat d'idées - La liberté de la presse en Italie, un mirage ? un miracle ?

Magnum photos 101 photos pour la liberté de la presse
Broché: 142 pages
Editeur : Reporters sans Frontières (29 avril 2010)
ISBN-13: 978-2915536898
L'album anniversaire des 25 Ans de Reporters Sans Frontières - Pour La Liberté de la Presse
Découvrez le mini-site de l'album


Vos Chemins Mènent à Rome

Commentaires

Cela fait des années que je suis sensibilisée au travail de Reporters Sans Frontières. Mais cela concerne, en général des pays où l'on ne compte pas les manquements aux Droits de l'Homme.
Ton article m'a sidérée.
C'est exact que la vision hollywoodienne finit par faire oublier qu'elle ne reflète que la réalité.
Mais que faire face à ce pouvoir tentaculaire, infiltré partout, y compris dans l'appareil d'état ?

Encore une fois tu pointes du doigt là ou ça fait mal.
Rome, ce n'est pas que de belles images...
Anonyme a dit…
La Photographie est un Art, au même titre que le Cinéma, la Peinture, l'Architecture, la Sculpture, l'Écriture, la Musique.
Ma définition toute subjective, implique une Vision au sens premier du terme.
Nous vivons dans un monde qui n'a rien d'un décor de rêve. Mais soudain, nous croisons l'ombre de quelqu'un. Et le temps s'arrête...
Parfois c'est un souvenir heureux qui affleure notre mémoire, et nous fait sourire de ce bonheur retrouvé. Mais le plus souvent, nous ignorons tout de ce qui a interpellé notre regard.
D'où vient cette fascination ?

Certains instruments de musique ancienne ont des cordes doubles. Lorsque l'on joue des premières, les secondes résonnent "par sympathie". C'est le terme musicologique exact.

Dans ce Temps Suspendu, c'est "par sympathie" que nous vibrons. Le fait de ne pas en connaitre la raison, rend cet instant d'autant plus merveilleux.
Et ce mystère qui semble féerique, peut se répéter à l'infini pour nous emporter vers cet ailleurs, qui est notre jardin secret.
Et la Photographie est l'un de ces tapis volants.

Mais, et c'est là ce qui motive ce commentaire, elle participe avant tout à perpétuer la Mémoire.
Dans ces "101 Photos pour la Liberté", ce n'est pas notre sens de la beauté qui est sollicité, même si certaines d'entre elles le font malgré elles.

La première photographie que j'ai vue, m'a frappée de plein fouet, tant elle résume la tragédie de notre siècle.

C'est une scène d'une banalité effrayante.
Des enfants s'amusent. Ils ont trouvé des briques, ont construit grâce à elles un petit mur qui sépare deux clans qui s'affrontent.
Quelques-uns ont des jouets, que je trouve, pour ma part, obscènes. Ce sont des cadeaux de parents aimants, qui ne mesurent pas l'implication de leur geste, et mettent des armes dans les mains de leurs enfants.

D'où vient le choc ?
Nous sommes au mois d'août 1961, et à quelques mètres de ce terrain de jeu, un vrai mur gagne en hauteur. Le mortier qui scelle les vraies briques déborde des larmes, du désespoir et de l'impuissance de ceux qui assistent à la disparition progressive d'un pan de leur vie.
Il y avait une Allemagne, certains Grands, ont décidé d'en faire deux...

L'intensité de cette image devrait suspendre immédiatement tout conflit.
Les enfants nous regardent et calquent leur vision du monde sur celle que nous leur donnons à voir.
Malheureusement, le monde des adultes est sourd et aveugle, et cette spirale infernale n'est pas prête de prendre fin. Elle a essaimé ses graines, plus vivaces que du chiendent, sur toute la surface du globe...
Anonyme a dit…
... D'autres clichés exhument les horreurs qui ont marqué les dernières décennies.
Ce tas de machettes, plus d'un mètre de hauteur, vestige du massacre du peuple Tutsi.
Le noir et blanc ne montre pas le sang qui les inonde. Ce n'est pas nécessaire, on le voit, et aussi les scènes qui l'ont fait couler à flot.

En refermant ce livre, c'est malgré tout une lueur d'espoir qui demeure au fond de mes yeux.
La silhouette minuscule d'un David contre Goliath.
Ce jeune chinois, qui seul dans une rue désertée, s'interpose devant la colonne de chars qui s'avance vers la Place Tien An Men, pour mettre à mort la Révolution Pacifique des étudiants de Pékin.

Et j'ai la naïveté de croire que toujours, il y aura, comme ce garçon au courage inconscient, des David qui feront face à tous les Goliath qui mettent la terre à feu et à sang.

Il faut acheter ce livre.
Sans ces "Reporters sans Frontières", nous n'aurions qu'une vision édulcorée de l'actualité. Ils sont là, souvent au péril de leur vie, sur tous les champs de batailles. Ces guerres qui n'osent pas dire leur nom, et dont on veut nous faire croire qu'elles vont sauver le monde.
Sans jamais tomber dans le voyeurisme, ils sont les témoins de la dégradation de l'humanité sous toutes ses formes.
Sans eux, pas de le contrechamp.
Mais surtout, ils nous empêchent d'oublier.
Leurs photographies nous dérangent , nous secouent, cognent notre conscience.

Eric j'espère que dans les années à venir, tu continueras à servir de relais pour dénoncer tout ce qui porte atteinte aux êtres humains et à la Terre.
Anna

Articles les plus consultés