Galette des Rois et Rome Antique

L'épiphanie est passée si vite et les galettes des rois ne sont déjà plus qu'un lointain souvenir. Si je n'ai pas (encore !) eu de galette cette année, j'ai déjà trouvé ma reine. Mais savez-vous d'où remontent les origines de la galette des rois ? Humm... sentez-moi cette pâte d'amandes...


Vous vous êtes régalé(e) de galettes, en cherchant désespérément la fève dans l'une de ses parts... quitte à tricher un peu ?! Savez-vous qu'en mangeant votre galette, vous avez usé d'un privilège ?

"Tirer les rois est un privilège populaire qui remonte aux Saturnales romaines, fêtes du solstice d'hiver, qui consistait, rapporte Tacite, à désigner le roi ou la reine d'un jour, au moyen d'une fève cachée dans une galette, image du disque solaire, l'un et l'autre symboles de la fécondité et du renouveau de la nature." (Le Monde - La Galette des Rois, une Tradition Congelée)

Ouf, c'est souvent très dense une phrase du monde ! Mais c'est tellement bien résumé, avec une économie de mots... Et voilà, le grand secret, la galette des rois tire ses origines de la Rome Antique.

Vous mangiez romain sans le savoir.

Si vous avez des recettes originales de galettes des rois, n'hésitez pas à me les laisser. J'adore les déguster !

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Vos Chemins Mènent à Rome

Commentaires

Alice a dit…
J'adore les anecdotes ! Hop, adoptée ;-)
Eric a dit…
Peut-on dire savoureuses ?
Moi, j'adore les galettes.
A l'époque, dans les années 50, la galette cachait une vraie fève. Mais aussi une petite statuette en porcelaine représentant un petit Jésus emmailloté, consolation pour celui qui le trouverait.

Pour nous, tout commençait très tôt, à la
mi-décembre, dès l'installation de la crèche.

Les trois santons les plus beaux, étaient bien sûr, les Rois Mages.
Ils nous fascinaient, montés sur leurs dromadaires, avec leurs couronnes dorées qui étincelaient, leurs coffrets débordant de pierres précieuses.
L'un d'eux était noir, et nous n'en avions jamais vu.
Ils arrivaient d'Orient, chargés des Parfums de l'Arabie, la Myrrhe et l'Encens.
Et ces parfums mystérieux nous ravissaient. Nous nous répétions ces mots et je ne peux les écrire aujourd'hui, sans être emportées par ce tapis volant des premiers mystères enfantins.

Le décor de la nativité était en place. La couche de paille attendait Jésus, que le 24 au soir, nous donnerions à ses parents.
Mais les Rois Mages, eux, avaient un long chemin à parcourir.
Ils le commencaient en haut de l'armoire, à l'autre bout de la pièce.

C'était une tradition, le soir, que sauf bêtise grave, à tour de rôle, tenus à bout de bras par notre père, nous les rapprochions de quelques centimètres.
Ils voyageraient de meuble en meuble et ainsi nous tromperions notre impatience...
Arrivaient Noël, la Messe de Minuit, les cadeaux...

Et nous continions jusqu'au 6 janvier, jour où enfin, Melchior, Gaspard et Balthazar, arrivaient près de la crèche.
C'était l'Epiphanie, le moment venu de La Galette des Rois.
La nôtre était très différente de la tienne, et pour moi il n'y en a point d'autre.

Imagine une magnifique couronne briochée, fleurant bon la fleur d'oranger, décorée de fruits confits multicolores.
Orange, Cédrat, Melon, Prunes, Cerises, Abricots formaient comme une farandole entre des grains de sucre symbolisant la neige.
Avant de la déguster, il fallait la découper en parts EGALES.
Mon père y mettait le plus grand soin, surveillé de près par 5 paires d'yeux, qui auraient vivement protesté si un morceau paraîssait plus gros que les autres.
Pour faciliter sa tâche, il avait institué La Part du Pauvre, et divisait le cercle en huit.
Mon frère avait le privilège, étant le plus jeune, d'aller sous la table et d'avoir à répondre à la question "pour qui celle-là ?".
Ce rituel terminé, nous savourions, bouchée après bouchée ce pur délice.
Et soudain une voix surexitée criait "je l'ai".

L'heureux élu mettait la couronne qui nous semblait dorée à l'or fin, et désignait son Roi ou sa Reine en faisant durer le suspens.
On aurait pu entendre une mouche voler jusqu'au "je choisis ...!".
Le repas s'achevait joyeux, arrosé de limonade.
Roi et Reine paradaient un peu, se passaient la couronne qui finirait déchirée avant la fin de la journée.

Les Rois Mages et les santons allaient rejoindre leur boite. Cette fois la fête était finie.
Et le Pauvre ?
Comme il ne venait jamais, nous étions bien content de picorer sa part au goûter...
Eric a dit…
Que dire, si ce n'est, sans flagornerie, que tes talents de conteuse sont intactes après les fêtes et que tu racontes les histoires sans pareils, qui nous font nous transporter dans le temps et l'espace. Je m'y suis cru. Tu racontes de belles histoires...
Alors, merci de nouveau.
Cela a donc tant changé ? Tu n'as rien connu de tout ça ?
Je pense souvent qu'en tant qu'adulte je n'aurai pas ma place dans ces années 50, j'y étoufferai.
J'ai eu bien du mal déjà à me libérer de mon éducation sexiste, judéo-chrétienne avec sa morale rigide.

Mais je reste émerveillée par de petits morceaux de vie comme celui-là... l'enchantement.
et puis surtout le champ libre à l'imaginaire avec peu de jouets.
Nous n'avions que la radio.
Le cinéma c'était le patronnage. Même le téléphone était un luxe.
Alors on inventait, beaucoup.
Les images nous devions les fabriquer.
A part Tintin et Milou, les illustrations de nos livres, nous n'avions rien à nous mettre sous les yeux.

C'est ce manque que je regrette pour les jeunes d'aujourd'hui.

En même temps, je me rends compte qu'internet me bouffe littéralement, mais que je ne peux pas vivre sans. J'aime cette sensation d'être au coeur du monde, ces liens qui se nouent, ces idées qui circulent, la possibilité de faire un blog...

Mais j'ai connu autre chose. C'est pour ça que je trouve important le témoignage de ma génération. Nourrie d'une éducation très rigoriste, directive qui n'apprenait pas la vie.
Et qui devient adulte en Mai 68. Le clash.
Est-ce que ça parait plausible d'avoir commencé sa vie sexuelle sans contraception ?
Bon là, je suis vraiment dans le hors-sujet.

Je crois que je vais utiliser une partie de ce texte dans mon blog. Cela ne t'ennuie pas ?
Eric a dit…
Ton commentaire t'appartient, Anna. Tu en fais ce que tu veux.

Les choses n'ont pas forcément changées. Ta façon de le raconter rend aussi le moment magique.

Actuellement, je n'ai plus trop l'occasion de revivre cela. Je ne pense pas de toutes façons que c'était aussi magique.
maite a dit…
Une part de galette pour vous sur mon blog, pas très originale mais très bonne...a presto !
Eric a dit…
Dites donc, quelle surprise Maite. Elle m'a l'air très bonne.

Le lien vers votre billet

Merci pour le cadeau.

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