Mario Monti : Son Programme au Sénat

Une fois son gouvernement formé, Mario Monti expose son programme pour l'Italie au Sénat. Un brin ennuyeux, façon professeur, le nouveau gouvernement "technique" peut-il renverser la tendance qui place l'Italie à la traine de la croissance européenne ?

Question mark


45 minutes interminables, qui se terminent par une déception, après les premières minutes plutôt positives. L'Italie va-t-elle se remettre debout avec Mario Monti ?


Après les remerciements d'usage, y compris à Silvio Berlusconi pour lui avoir facilité la passation de pouvoir, Carlo Monti a utilisé les paroles de gouvernement d'engagement national ("Governo d'impegno nazionale")...

Il poursuit dans un discours prudent dont voici quelques extraits : "de manière respectueuse, réconcilier les citoyens avec les institutions et avec la politique, sans prétendre à une supposée supériorité de la technique sur la politique...

Faire en sorte que la politique soit de plus en plus considérée et reconnue comme le moteur du progrès du pays...

Les difficultés du moment actuel...

- L'Europe dans une situation la plus difficile depuis la seconde guerre mondiale
- Le futur de l'Europe dépendra aussi de ce que l'Italie fera dans les prochaines semaines, aussi et pas seulement...
- Les investisseurs internationaux détiennent presque 50% de la dette publique de l'Italie
- Une réduction graduelle et continue du rapport entre la dette du pays et le PIB : l'objectif de l'Italie des prochaines semaines

Pour atteindre cet objectif, faire levier sur 3 piliers :

1. Rigueur de bilan
2. Croissance
3. Equité

Les efforts constants afin de réduire les déficits en intervenant sur les taxes et non sur la réduction des dépenses publiques ont été frustrés par l'absence de croissance, qui a annulé les sacrifices consentis.

La crédibilité de notre action dépendra de notre capacité à relancer la croissance.

Les remèdes - relancer la croissance - aux maux italiens préconisés par les institutions européennes ne sont pas nouveaux et étaient connus depuis bien longtemps par l'Italie elle-même. Ce qui a manqué, c'est leur mise en oeuvre. Il ne faut donc pas voir dans les appels européens lancés vers l'Italie pour un retour à une rigueur budgétaire un poids venu de l'extérieur. Il n'y a pas eux et nous. "L'Europa siamo noi".

Mesures qui visent à favoriser la création de nouvelles entreprises, à leur permettre de croître, mesures qui visent à améliorer les services rendus par les administrations, à permettre l'accès à l'emploi aux 2 ressources de l'Italie les plus gâchées à ce jour : les jeunes et les femmes.

Les sacrifices devront être équitables.

L'Italie n'a pas réussi à retrouver son niveau de croissance pré-crise (2008), comme c'est le cas pour la France et l'Allemagne en 2011 par exemple. Au contraire, l'Italie est à plus de 4 points en-dessous de son niveau pré-crise 2008.

Car les difficultés de l'Italie ne remontent pas uniquement à la crise, mais bien avant. Entre 2001 et 2007, la richesse de l'Italie a eu une croissance de 6.7%, contre une moyenne européenne de 12%, 10.8% de la France, 8.3% de l'Allemagne.

La crise a touché particulièrement les jeunes davantage au chômage en Italie que dans le reste de l'Europe.

L'Italie est caractérisée par une forte disparité territoriale.

Il existe un problème méridionale :

- infrastructure
- chômage
- innovation
- respect de la légalité

Il existe aussi une question septentrionale :

- coût de la vie
- délocalisation
- faible natalité

Le programme proposé se décompose en 2 parties qui ont des objectifs et des horizons de temps différents

- Une série de mesures pour affronter l'urgence, redonner confiance
- Moderniser les structures économiques et sociales du pays par des propositions visant aussi à retrouver une cohésion territoriale et sociale

Le but, compte tenu du peu de temps consenti afin de former ce gouvernement, est de présenter les points principaux de notre action, si nous obtenons le vote de confiance.

- Harmonisation des bilans des administrations publiques
- Reformes des systèmes fiscaux
- Réduire les coûts de fonctionnement des administrations
- Réduire la superposition des niveaux de décisions
- Système de retraites à harmoniser
- Lutte à l'évasion fiscale et à la criminalité
- Favoriser l'utilisation de la monnaie électronique au détriment du cash en abaissant les niveaux autorisés pour son utilisation
- Favoriser la communication entre les administrations
- Taxes foncières
- Baisse des taxes sur le travail
- Reconnaître les talents en favorisant la mobilité
- Favoriser le travail des femmes
- Politiques micro-économiques : valorisation de la richesse humaine (écoles, sélection des professeurs,...)
- Affronter les corporatismes
- Lutte contre la mafia"


La suite est connue, le gouvernement est formé...

Le gouvernement Monti : L'après Berlusconi ou la revanche de l'église italienne

... la confiance votée : Vote de Confiance Mario Monti (France 24)

Y-a plus qu'à !

Vos Chemins Mènent à Rome

Commentaires

Ciao Eric
merci pour cet article clair, la petite vidéo en français, le lien avec l'article édifiant sur l'Église.
Je déteste les campagnes publicitaires Benetton, et la dernière comme les autres. Mais ce n'est pas bon signe du tout que l'affiche avec Benoit XVI ait disparu des murs.

Le discours de Mario Monti ne rend pas plus optimiste
- Un banquier responsable du super ministère qui va gérer la crise ! C'est le beurre et l'argent du beurre !

- Favoriser le travail des femmes et des jeunes.
Quelle idée géniale "cette ressource négligée dans notre pays". Il y a de quoi rire jaune.
C'est vraiment le genre de promesses qui n'engagent que ceux qui y croient, comme on dit ici.
Pas un mot sur des objectifs à atteindre, des mesures concrètes.
Quels emplois ? Où ? Comment ?
Le taux de chômage actuel touche particulièrement ces deux populations qui ont le plus grand mal à entrer dans le monde du travail !
.L'idée que la place de la femme est dans sa famille, à faire et élever ces enfants qui font défauts à l'Italie, a la vie dure. Cela favorisera toujours l'embauche d'un homme plutôt que celle d'une femme, parce que lui, il doit faire vivre cette famille.
Le poids de l'Église va peser lourd pour continuer à se recentrer sur La Famille.

- Deux mots reviennent en leitmotiv, REDUCTION et AUGMENTATION.
Cela pourrait annoncer des lendemains qui chantent, malheureusement, c'est le contraire qui s'annonce.
Ce qui va diminuer ce sont les moyens et les dépenses. On peut compter sur un grand dégraissage de la fonction publique, sur une baisse de l'accès aux soins, et des aides diverses. L'Italie est déjà à la traine de l'Europe en ce qui concerne les mesures sociales. Tous ceux qui vivent, en dessous du seuil de pauvreté vont être les premières victimes de ces mesures d'austérité.
Les seuls bénéficiaires, les Patrons qui eux, dépenseront moins en charges sociales. Est-ce vraiment en donnant à ceux qui ont déjà que l'on peut sortir de la crise ?
De quelle crise parle t'on ?
SUITE

Quand aux augmentations, c'est bien sûr d'abord la TVA, l'impôt caché le plus injuste, car il touche de la même façon le porte-monnaie de tous, du bas de l'échelle sociale jusqu'en haut.
Nous n'aurons pas longtemps à attendre pour avoir la liste de tout ce qui va diminuer encore le pouvoir d'achat.

- La Mafia !
Quand on sait à quel point les mafieux se retrouvent à tous les degrés de l'appareil d'état, on voit mal comment on pourrait dégraisser de ce côté-là.
Il ne suffit pas d'avoir chassé Berlusconi, il a laissé derrière lui des instances gangrénées, et Mario Monti, fut-il de bonne foi, n'a pas les moyens de faire le ménage.

Il faudrait interroger les rescapés de l'Aquila. J'ai vu cet été une amie qui vit là-bas. La situation est inchangée. C'est un fatras administratif indescriptible. Les indemnités de reconstructions ne sont pas versées. Les gens vivent dans les préfabriqués du désespoir et se sentent complètement oubliés.
Pourtant, ils les ont eu leurs promesses.

Tous se décide à notre place.
Le bien vivre à disparu du vocabulaire politique, mais pas du mode de vie des dirigeants, dans toutes les ramifications de l'État, des grands Patrons et des Banquiers qui nous gouvernent.

Le refrain est le même dans tous les pays,

Le mot Éthique a-t-il encore un sens en politique ?

En Mai 68, je faisais partie d'un groupe d'extrême gauche.
Pourtant, globalement les gens vivaient mieux que maintenant.
Les acquis sociaux obtenus par les luttes menées alors et dans les années qui ont suivies disparaissent les uns après les autres.

Je ne comprends pas que toute l'Europe ne soit pas dans la rue. Chaque pays se calque sur les pires mesures de ses voisins. Ce sont toujours les mêmes explications avec des données de base erronées. Il n'y a que les têtes et la langue qui changent. Ils copient tous les uns sur les autres.

Je n'aurai jamais imaginé que le monde puisse être ce qu'il est.
Et ne parlons même pas de l'avenir de la planète, du nucléaire...

Tristement
Anna

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