Interview Monicelli

Découvrez Monicelli, réalisateur du Pigeon, dans une interview Euronews...

"Les Italiens et leurs petites misères, Mario Monicelli a passé les 60 dernières années à les raconter, avec le sourire. Le père de la comédie à l'italienne est le dernier grand réalisateur du cinéma du vingtième siècle...


Nous l'avons rencontré chez lui à Rome. A 93 ans, il n'a rien perdu de sa lucidité et de sa méchanceté lorsqu'il observe la société et la politique de son pays"...


Le regard d'un homme sur l'Italie d'aujourd'hui !

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Rome

Commentaires

Eric, ma quale sorpresa delicioza !
Grazie, grazie.

Avec ma naïveté légendaire, je t'ai vu partir à la rencontre de Monicelli, caméra sur l'épaule...
Mais comment a-t-il fait pour le retrouver ?
Et quand ? Il a bien caché son jeu !

Dans mon esprit c'est ainsi que l'histoire s'est passée…

Devenu détective, dans ce qu'il reste de Cinecittà, tu écoutes les confidences nostalgiques de tous ceux que tu rencontres, avant d'arriver à poser ta question.
"E Monicelli, l'avete conosciuto?"
Tous ils l'ont connu !
Et c'est une cascade intarissable de souvenirs sur ses tournages.
"Quale uomo ! D'une délicatesse... un vrai Romain ! Qui offrait les meilleurs repas de
Cinecittà !

Finalement, le concierge qui a presque l'age de Monicelli, t'explique comment aller chez lui.
"Dans le Trastevere, près de cette place dont j'ai oublié le nom, il y a une petite rue qui se termine par un escalier. Il habite au fond de l'impasse, mais je ne sais plus si c'est la maison avec les volets marrons ou celle qui n'a pas de volets.
Tu comprends, mon meilleur ami, qui était figurant ici, vivait en face de chez lui.
Il est mort depuis longtemps. C'était un type formidable. On se connaissait depuis qu'on était gosses. Tu ne me croirais pas si je te racontai tout ce qu'on a fait ensemble.
Un giorno alla scuola..."
On ne saura jamais ce qu'ils ont fait à l'école, car la sonnerie du téléphone de la loge lui coupe la parole, et tu t'éclipses discrètement en criant "arrivederci"

Le Trastevere tu le connais comme ta poche, des places avec des rues qui se terminent par un escalier il n'y en a que dix.
C'est dans la sixième que tu repères les deux maisons qui se font face.
Tu commences par celle qui n'a pas de volet.

C'est la veuve de l'ami du concierge qui ouvre, très contente d'avoir de la visite.
Et c'est reparti !
Heureusement qu'elle fait un caffè sublime.
Ce mort, ce fut le grand amour de sa vie.
"Qu'il était beau la première fois qu'il m'a parlé...
Et notre mariage ! Même Fellini était là !"
Tu sautes sur l'opportunité.
"Et Monicelli il y était ?"
"Oh non, ils ne pouvaient pas se voir, et Monicelli, on allait le croiser tous les jours, alors on a choisi Federico. Mario a été un peu fâché mais c'est un homme si gentil !"
"Vous croyez qu'il accepterait de me recevoir ?"
"Et pourquoi il refuserait ? Il est comme moi, vieux et seul. Il sera ravi.
Venez, je vais vous présenter."

Tu commences à filmer devant la porte fermée.
Elle s'ouvre.
Monicelli, aussi alerte et sympathique que les personnages de ses films, est effectivement ravi.
"Anna, qu'est-ce qui t'est arrivé depuis tout à l'heure ?"
Il éclate d'un rire tendre et malicieux. Cette Anna est une grande bavarde. Heureusement qu'il ne s'est pas passé grand chose à part ta visite !
Elle la lui raconte en détail, elle en rajoute des tonnes.
Monicelli est hilare.
"Et vous m'avez retrouvé, c'est un grand honneur pour moi, qu'on a déjà enterré."
L'ambiance est euphorique. Tout le monde parle en même temps.
Il est tellement heureux qu'un giovane s'intéresse à lui qu'il devance tes questions.

Tu réalises une court-métrage où le charme et la vivacité de Monicelli crève l'écran.
Il sera diffusé sur toutes les chaînes, repris à l'étranger où Monicelli compte encore de nombreux admirateurs.
Sélectionné dans plusieurs Festivals, il y est récompensé de nombreux prix.
J'ai déjà le titre.
"Le pigeon n'a pas fini de voler !"

Franchement, les autres ne t'arrivent pas à la cheville. Ils sont d'un triste.
Heureusement que tu es là !

L'autre Anna
Eric a dit…
C'est grâce à toi, Anna...
Sans toi, je n'aurai pu faire la connaissance de Monicelli !
Ciao
Eric

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