ViaRomana [vous]

Sébastien est le président de ViaRomana. Mais qu'est-ce-que ViaRomana ? Plongez au coeur de la vie quotidienne des romains, il y a bien longtemps, et de l'archéologie vivante... Avec la collaboration d’Adrien Tondeur pour l’histoire de la Cohors Prima Aquitanorum...


1. Sébastien, nous nous connaissons à peine. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Bonjour, je m’appelle Sébastien Lemoine, adjoint administratif dans une commune de la région parisienne, 42 ans, marié et heureux papa de 2 filles.

Je suis passionné d’histoire romaine et plus particulièrement celle de l’armée depuis l’âge de 5 ans. Depuis que mes parents m’ont découvrir Astérix... Une vocation était née ! Si je n’ai pu vivre de ma passion, celle-ci guide mes pas dans tous mes loisirs au quotidien !

2. Pourquoi avoir choisi de créer votre association ViaRomana ? Qu'est-ce que ViaRomana ?

Viaromana est une association de reconstitution historique et d’expérimentation depuis 2004.

Elle s’active de façon très assidue à la recherche de connaissances et de savoir-faire liés autour de l’existence avérée de la COHORS PRIMA AQUITANORUM de son VICUS au 1er siècle Après JC.

Viaromana a pour vocation la transmission de ces connaissances à tous les publics afin de mieux leur faire connaître la civilisation Gallo-romaine (Berceau de notre civilisation), de façon ludique et vivante.

Nous sommes en ce sens aussi des animateurs de l’Histoire vivante.

La COHORS PRIMA AQUITANORUM, unité de l’armée romaine auxiliaire a réellement existé du 1er siècle au 3ième siècle Ap.JC.

Les raisons de ce choix, de cette unité sont multiples. Celui-ci nous permet d’aborder en matière de recherches et de transmission les aspects militaires et civils de la Rome impériale au 1er siècle Ap JC.

Il permet, en outre, d’étudier précisément la vie des « provinciaux » aux confins de l’empire, sur le Limes, à la frontière aussi bien en Ecosse et en Allemagne, lieu de passages de cette Cohorte.


Les conditions de vie, le climat, les moeurs, le brassage des populations y étaient différents qu’à Rome, nous avons donc axé nos recherches au niveau vestimentaire et sur les objets de la vie quotidienne tant au niveau militaire que civil sur les résultats de fouilles archéologiques en Allemagne et sur le Mur d’Hadrien à la frontière Ecossaise. Les écrits des auteurs anciens (Tacite, Dion Cassius, Végèce…), ainsi que bon nombre d’ouvrages d’archéologues et historiens contemporains (Michel Reddé, Pierre Cosme, Michel Feugère, Peter connely...) sont pour nous des témoignages très précieux qui sont lus et relus souvent.

De ces travaux extrêmement précieux pour la connaissance, Viaromana en tire des enseignements, des hypothèses d’utilisation, de fonctionnalité de tel ou tel objet découvert, voir certaines conclusions... Il en va de même pour comprendre et mettre en place les manoeuvres et les conditions de combats des Auxilia. Nous faisons ce que l’on appelle de l’expérimentation en toute modestie.

Dans un sens plus général, l’étude et la reconstitution de la Cohors Prima Aquitanorum et de son Vicus (ou Canabae ; partie civile à l’extérieur du camp militaire) nous permet d’aborder un aspect fondamental de la longévité de cet empire ; celui de l’intégration des peuples conquis et l’acquisition de la citoyenneté romaine, au combien importante pour l’époque.

Nous faisons donc faire un parallèle entre les connaissances, les techniques, les savoir-faire et leur reconstitution. Auprès du public...

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La Cohors Prima Aquitanorum tire son nom de l’une des trois grandes provinces gallo-romaines établies par Auguste vers 16-15 avant notre ère, appelée Gallia Aquitania. Il est cependant difficile de savoir si ses effectifs trouvaient leurs origines au temps de l’Indépendance, auquel cas elle changea son nom au début de l’Empire, ou s’ils faisaient partie de ces nouveaux contingents purement gallo-romains. Quoi qu’il en soit, la cohors I Aquitanorum fut l’exemple parfait de la mobilité qui caractérisait les armées romaines, et en particulier ses auxiliaires.

D’abord cantonnée en Sardaigne, elle fut ensuite rappelée pour participer à la conquête de la Germania. Nous ne pouvons dire si elle était déjà présente lors des premières campagnes de Drusus entre 12 et 9 av. J.-C. ; par contre, nous pouvons être certains qu’elle faisait partie de l’armée de Germanicus entre 14 et 16 ap. J.-C., sous le règne de Tibère, car elle constituait alors la garnison d’un camp qui avait été construit pour l’occasion en avant du Rhin, prés de Mayence, à savoir Friedberg.

L’unité put ensuite avoir été sollicitée pour la grande offensive de l’empereur Caligula en l’année 40 de notre ère. Nous savons en tout cas qu’elle resta dans le district de Germania superior au moins jusqu’en 82 ap. J.-C., date d’un diplôme militaire qui accordait la retraite à une partie de ses effectifs, qui avaient servis dans la région (CIL XVI, 28, retrouvé à Debelec, en Moesia inferior). Elle participa peut-être alors à la conquête des Agri Decumates (Champs Décumates, entre Rhin et Danube) en 89 ap. J.-C., sous le règne de Domitien, où elle fut affectée à la construction du camp de Stockstadt (les inscriptions retrouvées sur ce site ne pouvant être précisément datées, cela reste une supposition).

Elle partit ensuite de l’autre côté de la Manche, en Britannia, et fut cantonnée à Brocolitia (Carrawburgh) pour la surveillance du Mur d’Hadrien, dont les vestiges servent actuellement de frontière entre l’Angleterre et l’Ecosse. Par la suite, nous ne pouvons savoir si elle participa à proprement parlé aux campagnes d’Antonin (138-161 ap. J.-C.), qui permirent d’avancer pour un temps la frontière au nord de l’île, car plusieurs inscriptions attestaient au même moment son déplacement vers des camps situés à l’intérieur de l’île (Navio/Brough-on-Noe, Bakewell, Ratae Coritanorum/Leicester). Un peu plus tard, vers 230 ap. J.-C., sous le règne de Sévère Alexandre, elle fut finalement chargée de la garnison du camp de Branodunum (Brancaster), situé sur le littoral de l’actuel Norfolk, au Nord de Londres, pour faire face à la menace des Saxons.

Enfin, sous le Bas-Empire, elle fut renvoyée en Germania superior (à Zellhausen/Arnsburg), le long du limes rhéno-danubien, pour protéger cette route vers la péninsule italienne et le Nord de la Gaule des menaces barbares.

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Fort de ces années d’expérience et sur la quarantaine de membres bénévoles répartis aux quatre coins des Gaules, VIAROMANA travaille à l’heure actuelle sur plusieurs axes de recherches, d’expérimentation et de diffusion auprès du public :

Au niveau militaire

- Manœuvres et combats ; travail des lignes, du quinconce... Avec des entrainements annuels, et des réflexions et analyses écrites... Viaromana une des rares associations qui se différencie du modèle de l’école Anglo-saxonne qui, tout en lui reconnaissant l’énorme travail qu’elle a fait au niveau médiation auprès du public, reste trop stéréotypée à nos sens, « trop contemporaine». C’est notre avis, il n’enlève rien je le répète au fait de l’énorme reconnaissance que nous avons pour elle... Nous n’existerions peut-être pas sans elle ! Donc rendons à César... Vous connaissez la suite !

- Nous nous sommes notamment inspirés et avons reconstitué entre autre ce fameux bouclier retrouvé à Doncaster, de même pour les scuta dont nous savons aujourd’hui avec certitude que deux unités auxiliaires en étaient détentrices…

Au niveau civil

- Recherches, expérimentations et animations autour des jeux et jouets romains dans la Gaule romaine

- Recherches, expérimentations et animations autour de la petite enfance en Gaule romaine

- Recherches, expérimentations et animations autour du tissage, travail de la laine et de la teinture

- Recherches, expérimentations et animations autour de la gastronomie Gauloise et romaine (d’après les écrits des auteurs anciens comme Apicius)

- Recherches, expérimentations et animations autour des vins romains comme le Mulsum et le vin de roses…

- D’autres ateliers font aussi partis du vicus, comme le travail sur le cuir, la cosmétique, l’écriture…

Le patrimoine archéologique Gallo-romain de notre pays, de nos régions est de plus en plus reconnu (Gergovie, Genainville, Villa de Séviac….)

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L’archéologie vivante connait un succès qui ne se dément pas. Ses apports ludiques, pédagogiques et scientifiques à la fois séduisent de nouvelles mentalités.

Depuis quelques années, Viaromana intervient ainsi partout en France, voir en Europe, seule ou avec d’autres troupes de reconstitution historique comme les ambiani, la Légio VIII Augusta, Acta, Bagaconervio, l’Association pour l’Histoire Vivante (dont nous sommes partenaires), mais aussi avec les Gaulois d’Esse, les Branno-Teuta, la Pax Augusta, les XXième légions de Bavay et de Nasium, Les Arverni,...

Nous intervenons dans les Musées, dans les sites archéologiques, écoles, collèges et Lycées.

Plusieurs membres ont rédigé des articles pour des magazines comme Histoire Antique, archéojunior, L’ApHV concrétisant ainsi la volonté de Viaromana de mettre par écrit ses recherches, ses expérimentations et de les diffuser à un large public…

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Constamment en évolution (qui passe aussi par la remise en question..) Viaromana a pour objectifs sur les 3 prochaines années :

- De Valoriser le patrimoine Gallo-romain de nos régions

- De continuer de travailler la forme pédagogique de nos interventions afin de toujours l’améliorer.

- De former ses membres à celle-ci par des échanges de techniques pédagogiques (certains de nos membres possèdent le BAFA et le BAFD…, d’autres sont dans l’enseignement))

- De continuer à travailler de plus en plus avec les écoles, Collèges et Lycées en proposant des activités à Thèmes, d’expérimentation en collaboration avec le monde enseignant…

- D’obtenir l’agrément Jeunesse et Sports d’éducation populaire afin de valoriser le sérieux de notre travail, que celui-ci soit d’avantage reconnu.

- Développer notre partenariat avec les collectivités territoriales locales.

- De continuer à travailler notre matériel militaire et civil afin que celui-ci soit de plus en plus conforme aux nouvelles découvertes archéologiques…

Depuis 5 ans maintenant je suis l’heureux Président de cette association.

Retranscrire et échanger avec tous les publics, l’histoire de la ville éternelle et faire comprendre son héritage fait partis de nos objectifs éducatifs.

Rue de Rome - RaSeLaSed - cc

3. Quels sont les aspects de Rome qui vous plaisent le plus ?

Si nous cherchons, reconstituons à l’identique, rien ne vaut un déplacement sur place, dans l’Ubs !!!

- Rome, c’est le berceau de la civilisation occidentale (et d’une partie orientale), nos racines...

- C’est une organisation administrative toujours en place...

- Elle a su faire preuve de tolérance et d’intégration des peuples conquis à sa philosophie, à son idéal...

- C’est au niveau culturel, une continuité des techniques et valeurs de la grande Grèce...

4. Vos 3 lieux coups de coeur à Rome

3 lieux importants : le Capitole, la Curie, la muraille aurélienne

Capitole - Gadl - cc

5. Quels sont les conseils de base que vous pouvez nous donner pour bien réussir notre séjour à Rome, Sébastien ?

Pour faire un voyage correct à Rome...

- Toujours se munir de documents de RECONSTITUTION sérieux pour mieux comprendre et appréhender les ruines (notamment sur le forum)... Voir la magnificence et le gigantisme des bâtiments (colorés).

- Vérifier TOUJOURS les horaires d’ouverture des Catacombes

- Visiter le Musée du Vatican (attention à l’attente), le Musée de civilisation romaine (avec des erreurs de reconstitution notamment au niveau militaire (dommage !), voir la maquette de la Rome du IVième siècle...

Bonne visite, vous en reviendrez différents !!!

Pour tout autre renseignement
http://www.viaromana.com

Sébastien, Adrien et toute l'équipe de ViaRomana mérite ce coup de projecteur un peu particulier. A travers ce témoignage, on peut se rendre compte du niveau de détails atteint, du travail fourni et vous pouvez toucher du doigt certains aspects de la vie romaine de l'époque. Voyage au centre de l'archéologie vivante.

Vos Chemins Mènent à Rome

Commentaires

Personnellement, n'ayant pas dû vivre une autre vie dans la Rome Antique, je n'ai pas vibré sur les sites archéologiques, à de rares exceptions près. La tombe de Cecilia Metella, sur la Via Appia déserte est mon souvenir le plus fort, le plus habité...
Mais j'avoue avoir envié ceux qui sont passionné par l'Antiquité. Pouvoir suivre à la trace, classiques en main, et faire revivre dans les décors d'origine, tous ces héros connus et méconnus, c'est un rêve à la portée de tous.

Le guide d'Alix m'a beaucoup plu, parce qu'il touche aux souvenirs d'enfance. J'ai bien envie de relire tous les albums, guide à la main.

Quand même, je sais que je passe pour la groupie de service, mais où trouve-t-on tout ce dont tu nous parle ?
Même pas dans la dernière édition du Lonely Planet !

Bravo à VIAROMANA.
Eric a dit…
Rendons à Cesar ce qui lui revient, Anna. Je fais de mon mieux pour satisfaire votre curiosité, mais il y a des pros dont c'est le métier. Moi, c'est juste une passion. Et si cela te convient, alors tant mieux.

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