Rome JO 2020

Rome présente ce matin 5 mars, à 11h, sa candidature aux jeux olympiques 2020. Alemanno, maire de Rome, sera rue Pierre de Coubertin 30, à l'auditorium, pour défendre le projet de Rome pour l'organisation des XXXII jeux olympiques en Italie...

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Rome n'est pas la seule ville à vouloir représenter l'Italie, puisque Venise, qui ne manque pas d'eau, défend aussi son dossier bec et gondoles...

Pour l'évènement, le site www.2020roma.it est lancé ce matin. Vous pouvez y suivre en vidéo streaming live (pardon pour les tenants de la langue française) la présentation du dossier romain ou sur le site http://live.atleticomtv.it/...

Sur la chanson Roma Capoccia

Mes souvenirs de jeux olympiques datent un peu... Ce ne sont pas ceux de Vancouver, que je n'ai pas suivi. Ce sont les exploits de Carl Lewis, la tricherie de Ben Jonhson sur 100 mètres, la dream team en basket... des émotions, des sensations...

... Et j'ai hâte de connaitre quels sont VOS souvenirs de jeux olympiques. Quels sports vous font vibrer ? Quels athlètes vous ont donné l'impression que tout est possible ?

Vos Chemins Mènent à Rome

Commentaires

Le souvenir qui m'a impressionnée, au sens où une photographie impressionne la pellicule, ce sont les deux athlètes noirs américains, TOMMY SMITH et JOHN CARLOS à Mexico en juin 1968.
Médaillés d'or et de bronze du 200 mètres, ils montent sur le podium, et lèvent leur main gantée de noir pendant l'hymne national.

Ce n'étaient pas des militants du Black Power. Ils étaient juste membres d'un mouvement qui revendiquait l'égalité pour les athlètes noirs. Pas des purs et durs, ils n'avaient pas suivi l'appel au boycott des JO.

L'image était retransmise en direct dans le monde entier et tout en suscitant la réprobation quasi générale, attira l'attention sur cette Amérique raciste jusque dans le sport olympique. Les noirs, après les compétitions, devaient utiliser des douches séparées de celle des blancs, et logeaient dans le Village Olympique, entre eux, à l'écart.

Le geste fut improvisé. Tout s'est passé très vite. TOMMY SMITH voit une paire de gants noirs dépasser de son sac. Il l'emporte. En marchant vers le podium, explique à JOHN CARLOS ce qu'il compte faire, lui donne l'autre gant et lui dit "fais ce que tu veux".
Avant de monter sur la première marche, il quitte ses chaussures, pour rappeler que beaucoup de noirs vivent dans une pauvreté extrême.

La vidéo du direct de la remise des médailles.
http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMEve?codeEve=705

C'était un geste d'un courage inouï dont ils connaissaient d'avance les conséquences. Ils furent immédiatement exclus de la délégation américaine.
Ils savaient qu'ils avaient signé la fin de cette carrière sportive qui leur avait offert l'opportunité d'une vie meilleure.
Ils reçurent des menaces de mort, des injures et redevinrent des noirs comme les autres.
Au soir de leur vie, malgré ce que ce geste leur a fait perdre, ils n'en éprouvaient que de la fierté, sans regret.

Le début de la fin de la ségrégation raciale aux Etats-Unis, fut fait de ces gouttes d'eau de révolte.
Cette femme qui, dans un autobus, refusa de laisser sa place à un blanc.
La première étudiante noire, qui après le vote de la loi antiraciale, fit son entrée dans une Université Blanche sous protection policière, à cause de la violence de son rejet. Elle tint bon.
Il y eut l'assassinat de Martin Luther King, celui de Bobby Kennedy qui faisait campagne sur l'intégration...
Obama est le résultat de ces femmes et hommes tous confondus. Ceux qui pleuraient devant les caméras le soir de son élection, étaient de cette génération.

Une statue, rend hommage aux trois athlètes de ce podium. TOMMY SMITH et JOHN CARLOS mais aussi l'australien BLANC, PETER NORMAN, médaillé d'argent, qui portait en signe de solidarité, visible sur son maillot blanc, l'insigne de leur mouvement. Si pour lui les représailles furent plus discrètes, elles compromirent sa carrière, l'évinçant des JO de 72.
A sa mort, Lewiss et Carlos portèrent son cercueil.

La statue et le récit de TOMMY LEWIS http://wally-diallo.fr/blogs/index.php?title=j-o-mexico-1968-tommie-smith-se-souvient&more=1&c=1&tb=1&pb=1

Nous sommes loin des histoires de dopages.
Et même des JO.
Mais l'être humain a besoin d'une armature pour se construire. Elle varie selon les générations et les aspirations de chacun.
J'avais 19 ans, je rêvais d'un monde juste, égalitaire, humain. Et ce moment fut la première pierre de mon armature personnelle.
Il m'a marqué au point de ressentir, à l'évoquer, une émotion intense faite d'espoir.
Malgré ce qu'est devenu le monde, 42 années après, cet espoir devenu génétique est intact, et j'attends... Peut-être plus "le Grand Soir", comme on disait à l'époque. Mais un sursaut dont on perçoit ici et là quelques signes.
Sauvons la planète, nous sauverons l'homme.
Je te sais gré, Eric, de baliser de quelques cailloux cette longue marche. Continue surtout.
Anna
Eric a dit…
Merci à toi de jalonner l'histoire de Rome en Images de tes cailloux...

En 1988, avec Ben Johnson, à Séoul, c'est plutôt la facilité, l'impossible (battre Carl Lewis), la rapidité, le défi, le duel... le dopage ne vient qu'après. Tout briser. Mais l'image est têtue et je ne retiens que cela. L'instant que cela m'a procuré devant mon écran, il y a plus de 20 ans !

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