Rome by Silvia [Vous]

Ma rencontre avec Silvia s'est faite de manière un peu abrupte (lire 40 bonnes raisons d'être italiens). Au fil du temps, nous avons sympathisé. Le billet sur la Befana, c'est elle. Très complet, il m'a bluffé. J'ai voulu davantage connaitre Silvia et vous faire profiter de son regard sur Rome et l'Italie...


1. Silvia, nous nous sommes rencontrés à travers Rome en Images : afin de mieux nous connaître, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Avec une double formation de comédienne et de linguiste, je me suis longtemps départagée en deçà et au delà des Alpes pour laisser finalement que ce soit l’Hexagone qui l’emporte, puisque je me sens bien Française en dépit de ma naissance dans la Botte.

J’ai plusieurs casquettes, toutes reliées par le même fil rouge, celui de la passion pour les mots et pour tout ce qui tourne autour. Désormais, c’est surtout sous ma casquette de coach pour expatriés hexagonaux que Rome peut me (re)voir.


2. Comment s'est faite ta découverte de Rome et pourquoi avoir choisi d'être coach linguistique et interculturel ?

Rome, j’y ai vécu longtemps, mais toujours avec un regard critique et tout en gardant le lien avec la France, ce qui a forcément engendré des comparaisons.

J’ai voulu alors faire partager cette connaissance de l’essence romaine à ceux qui partent s’y installer ou qui ont à faire avec pour leur travail, pour qu’ils puissent bénéficier de mon expérience et de mon mode d’emploi et pas que pour la survie tout court, mais pour dénicher aussi les bons côtés – car il y en a, quand même ! – et en profiter au maximum.

J’étais déjà coach linguistique, ma décision a été d’élargir cet accompagnement à la préparation culturelle avant le départ ou lors d’une nouvelle relation de travail qui, même sans mutation, requière une connaissance d’appui pour mieux gérer les échanges. Ce « comment » se comprendre entre homologues mais étant situés d’un côté et de l’autre de la chaîne alpine, passe bien par là, par cette connaissance et par la maîtrise interculturelle, pour que les différences deviennent autant d’atouts.

Bien sûr, puisqu’on parle atouts, un atout majeur sera toujours représenté par l’aisance avec la langue de l’autre, c’est pourquoi je continue mon coaching linguistique en proposant notamment des séances par téléphone : une formule qui rencontre beaucoup de succès, du véritable pain bénit pour les managers pressés et pour tous ceux qui auraient du mal à caser un rendez-vous physique dans leurs agendas surbookés…

... et où je profite à fond de toutes mes années radio, doublage, voix off qui apportent un petit plus au déroulement de la séance. M’entretenir par téléphone pour transférer des compétences, c’est un peu comme m’éclater devant un micro : et à l’autre bout du fil, on peut le « sentir », cette énergie qui passe est bien perçue et permet d’apprendre ou de consolider avec plus de facilité et surtout avec du plaisir !

Bien évidemment, tout le monde n'a pas Rome comme destination en Italie : il y en a qui vont à Milan aussi et cela m’amuse toujours de leur expliquer que si en France, il y a Paris et tout le reste, en Italie, il y a Rome et Milan (ou Milan et Rome) et c'est comme ça. Et ça n’a jamais été démenti… Cet esprit de clocher est bien présent en Italie et cela peut surprendre, ainsi que créer d’autres nouveaux obstacles à contourner pour que la communication puisse enfin aboutir.

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3. Quels sont les aspects de Rome qui te plaisent le plus ?

La Rome qui m’émeut le plus est celle de Garinei & Giovannini et de leurs comédies musicales qui par ailleurs s’exportent même à l’étranger, ainsi que celle évoquée par Trilussa et son dialecte romanesco, même si bien souvent, repérer ces ambiances, relève du défi...

J’aime bien tout ce qui tourne autour de la légende de Romolo et Remo - que, gamine, j’appelais Remolo, le trouvant plus logique et cohérent par rapport au nom de son frangin ! – et j’adore l’omniprésence de la louve capitoline.

J’aime écumer les marchés pour y dénicher ces délicieux légumes qu’on n’a pas à Paris, tels que les zucchine romanesche, ces courgettes si petites et si savoureuses, et la cicoria également romana, au goût si particulier.

J’apprécie la présence des herboristeries, où rester un bon moment et profiter des conseils, des effluves, des parfums, des odeurs, des essais…

Enfin, j'apprécie également la proximité de la mer et des lacs et la facilité de s'accorder une petite escapade à n'importe quel moment. Avec une préférence pour le hors saison...

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4. Ceux qui te sont le moins agréables ?

Si je ne peux pas rester insensible au charme indéniable que cette ville dégage depuis toujours, je ne peux pas ignorer non plus le tas de problèmes qui l’affligent et notamment l’attitude qui va avec. En vrac :

L’à peu près, l’arrogance et l’agressivité qui caractérisent beaucoup de ses habitants

Les transports en commun, véritable fléau de la ville

Le manque de précision, la ponctualité qui se fait option éventuelle, très éventuelle…

La saleté et les trous dans les trottoirs qui empêchent même d’aller à pied

Le parking sauvage

Les horaires réduits de la plupart des services, qui ne mettent pas cette ville à la hauteur d’une capitale européenne

Autant d’aspects qui demeurent intolérables. Trop durs à changer, je pense. De petits changements de temps en temps, par-ci par-là, permettent de se rabibocher l’espace d’un moment, mais ne sont jamais exhaustifs pour que l’on puisse parler d’un rachat définitif.

Toutefois, je me dis que ce charme si particulier doit bien finir par l’emporter sur tout le reste, parce que je vois bien des gens s’installer et arriver à trouver un modus vivendi. Et je ne parle pas là que de non Italiens… J’ai vu nombre de Milanais, obligés de débarquer à Rome, arriver en se plaignant, maugréant, traînant des pieds et ne plus vouloir déloger après seulement deux ou trois mois. Qu’à l’ombre de la Madunina on ne m’en veuille pas, je n’ai jamais vu le contraire.


5. Tes 3 lieux coups de coeur à Rome

Le croisement des rues Quattro Fontane et del Quirinale avec cette perspective magique sur une porte et 3 obélisques, correspondant aux quatre points cardinaux.

Le quartier San Lorenzo, pas tellement cité par les guides touristiques mais parmi les rares endroits où l’on peut encore respirer de la romanité, de la vraie – et si vivant en dépit de sa charge d’histoire récente et douloureuse, liée à la Seconde Guerre Mondiale.

Les épiciers du réseau Castroni – j’espère qu’ils me feront une remise la prochaine fois en vertu de cette nomination !


6. Quels sont les 5 conseils de base que tu pourrais nous donner pour bien réussir notre séjour à Rome ?

N° 1 : De la patience, de la patience et encore de la patience

N° 2 : Se munir d’un décodeur pour les non réponses, les réponses floues et les mi-réponses

N° 3 : Eviter les lieux touristiques, préférer la gastronomie façon traiteur qui désormais est souvent proposée chez certains boulangers et épiciers

N° 4 : Ne pas être pressé(e) car le temps d’attente d’un bus et même d’un taxi peut rendre fou !

Prendre son temps donc, se préparer à l’avance et ne pas cumuler trop de rendez-vous, et se disposer à la marche à pied : c’est le moyen le plus sûr d’arriver à l’heure !

N° 5 : En rapport direct avec le n° 4, Mesdames, oubliez vos escarpins et toute sorte de talons qui resteraient coincés entre les pavés… ces fameux sampietrini à l’apparence anodine voire charmante mais tellement insidieux.

Tous les renseignement pour contacter Silvia : srbconseil@gmail.com

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Le langage silencieux
La logique de l'honneur
Cultures et Mondialisation : Gérer par-delà les frontières

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